FAQ

La pathologie arthrosique du genou peut aussi bien toucher seulement l’un des trois compartiments du genou mais aussi dans certains cas les 3 articulations qui constituent le genou. Donc, n’hésitez pas à nous écrire pour discuter ensemble votre situation clinique.

À quoi ressemble la douleur d’arthrose du genou ?
En général la douleur de l’arthrose du genou est bien localisée tout autour de l’articulation et peut quelquefois descendre sur la jambe jusqu’à la cheville. Le genou peut être gonflé et chaud ce qui est franchement désagréable et va limiter la mobilité aussi bien vers l’extension que dans le sens de la flexion.
L’arthrose va accentuer la déformation naturelle de votre genou : si la jambe sous le genou part vers l’intérieur on parle de genu varum. Si au contraire les genoux sont en X, on parle de genu Valgum. Si le genou ne s’étend plus bien, on parle de flessum et c’est souvent a ce moment-là que la gêne devient importante. Les modifications dues à l’arthrose sont aussi source de fatigabilité de la musculature de la cuisse. Au pire, quand les muscles sont trop « épuisés » on peut ressentir une sensation d’instabilité, c’est-à-dire de jambe qui lâche dans certains mouvements.
Mais les douleurs du genou ne sont pas l’apanage de l’arthrose du genou. Une arthrose de la hanche peut vraiment ne se manifester que par des douleurs du genou. Certaines pathologies de la colonne lombaire ou encore des problèmes vasculaires peuvent aussi donner une douleur dans le genou et c’est bien le rôle de l’examen clinique et des radiographies bien faites de remettre les choses à leur place.
Mais dans la plupart des cas, faire le diagnostic d’une arthrose de genou n’est pas trop compliqué. Pour nous chirurgien la douleur est le problème numéro un mais ce n’est pas le seul. La perte de fonction même sans trop de douleur peut nous faire poser l’indication de prothèse. La fonction est essentielle. La marche est fondamentale pour entretenir tout notre corps. Se protéger de la gêne et de la douleur en ne bougeant plus n’est vraiment pas la solution : c’est la voie au surpoids, c’est hélas la porte d’entrée dans le 4e âge et il est logique de le repousser au maximum. La marche c’est la vie !

Vivre : aujourd’hui, demain ou jamais!
J’ai participé il n’y a pas si longtemps à un congrès où il était surtout question de prothèses de genou. Je devais parler du patient typique que nous voyons aujourd’hui en consultation. La principale question était : est-ce que les patients qui ont une arthrose du genou aujourd’hui sont différents de ceux d’il y a 20 ans ? J’ai donc lu pas mal d’articles, j’ai discuté avec des confrères et bien sûr j’ai rapporté mon expérience personnelle où tous les jours je vois des patients qui se plaignent de leur genou.
Au final, qu’est-il sortie de mes recherches ? Le patient qui souffre aujourd’hui d’arthrose du genou est plus jeune et plus actif que celui que nous avions il y a 15 ou 20 ans. Il veut retourner le plus vite possible à une vie active. Il ne peut plus se permettre d’attendre, de réduire sa performance au travail et il ne veut pas renoncer au sport et tout simplement profiter de sa vie. C’est vrai qu’il y a 20 ans, on avait du mal à vendre du rêve en proposant une prothèse de genou. Aujourd’hui je pense que c’est vraiment une autre histoire.
Avant la prothèse, c’était vraiment l’évolution finale, quand tout le reste avait échoué. Les suites étaient difficiles, la gestion post opératoire de la douleur était loin d’être bien maitrisée, les genoux raides ça existait vraiment. Aujourd’hui, il faut bien reconnaître que nos efforts ont vraiment payé, on n’est pas encore au niveau de la prothèse de hanche, mais il m’arrive de plus en plus de voir arriver des patients à la consultation à un mois, sans canne, qui marchent vraiment très bien. Je leur demande comment va la hanche et ils me répondent : mais docteur vous m’avez opéré du genou ! Ce genre de remarque était totalement impossible il y a tout juste 10 ans…
Forcer un patient à se bourrer d’anti-inflammatoires de plus en plus fort, dont on connaît hélas que trop bien l’effet toxique et délétère sur le rein et l’appareil cardiovasculaire, ne peut plus être la bonne réponse. Il n’y a rien de pire que de voir arriver à la consultation un patient ayant perdu tous ces muscles pour avoir trop attendu. Notre réponse est toujours la même : on peut vous donner une nouvelle articulation pas de nouveaux muscles. La prothèse de genou n’est plus l’évènement terminal, c’est la voie vers une nouvelle vie plus confortable et assez proche de la normale, même sportive.

L’intervention elle-même !
Elle se déroule bien entendu au bloc opératoire. C’est presque toujours une salle spécifique où ne se déroule que de la chirurgie orthopédique. Elle est souvent équipée d’un flux laminaire (système de ventilation sophistiqué) qui élimine de manière très efficace tous les germes et les particules dans la salle d’opération. C’est d’abord l’anesthésiste qui va vous prendre en charge. Il pose une voie veineuse. On vous place des électrodes pour suivre votre rythme cardiaque et un «saturomètre » au doigt ou à l’oreille pour surveiller votre taux d’oxygénation artérielle. On vous placera ensuite sur la table d’opération.

Si vous avez opté pour une anesthésie péridurale, le médecin anesthésiste vous fera une injection de produits entre 2 vertèbres lombaires juste au contact des racines nerveuses. Vous pourrez ainsi rester éveiller toute l’intervention. On peut aussi vous endormir très légèrement si l’idée de rester totalement éveillé vous perturbe. On peut même demander à l’anesthésiste de vous faire un peu d’hypnose ! Beaucoup de patients ont une trouille bleue de ce type d’anesthésie, mais c’est de loin la meilleure solution et la moins agressive. Nos anesthésistes qui sont très malins peuvent même vous faire oublier le moment de la piqure avec un produit très léger qui va effacer de votre mémoire les 2 ou 3 minutes que dure le geste.
C’est de loin ce que je préfère pour les patients. Vous allez entendre des bruits étranges, mais vous n’aurez pas du tout l’impression que cela se déroule au niveau de votre corps. Les patients qui ont une anesthésie rachidienne vont mieux, se réveillent mieux et semblent avoir moins de douleurs. C’est vraiment la raison qui me pousse à vous la proposer. Certains patients ont peur d’avoir un problème de paralysie : en 25 ans de métier, je n’en ai jamais vu !
En cas d’anesthésie générale, le produit passe par les veines, on mettra un tube dans votre larynx ou dans votre trachée et un appareil très sophistiqué va s’occuper de respirer pour vous durant toute l’intervention. Toute une batterie de capteur surveille en permanence vos fonctions vitales. L’anesthésie n’est pas sans risque, mais ceux-ci sont vraiment très faibles. (1/10 000)

On badigeonne 2 à 3 fois la zone opératoire avec un produit antiseptique puissant puis un système de protection est mis en place. Ce sont les champs opératoires. En orthopédie, il englobe tout le patient et leur mise en place est très précise. Seule une zone de quelques centimètres carrés est laissée à l’air libre. C’est là que le chirurgien va inciser. En général cette zone cutanée est recouverte d’un plastique collant souple imbibé d’antiseptique. Le chirurgien va inciser au travers de ce film plastique. La peau et les nombreux germes qui y résident ne seront donc jamais au contact de la plaie opératoire elle-même.
Ce temps d’installation est quelquefois long, car dans le même temps, il va falloir sortir tous les instruments spécifiques à cette chirurgie. L’anesthésiste en profite pour donner au chirurgien le système de récupération sanguine (appelé cell saver) qui va aspirer le sang durant l’intervention, le « laver » et vous le restituer en fin d’intervention. On ne transfuse presque jamais (1 % des cas !)
L’intervention elle-même dure entre 45 et 90minutes. Cela dépend de beaucoup de paramètres. Pour un cas standard, je mets rarement plus d’une heure. Pour un genou très déformé, c’est bien sûr plus long, car il faut restaurer l’architecture de l’articulation avec des greffes par exemple.
En fin d’intervention, le chirurgien met en place 1 drain (appelé Redon) que vous garderez en général 1 jour. Ils permettent d’évacuer un éventuel hématome. Le pansement est mis en place. On fait des radiographies de contrôle et vous êtes dirigés vers la salle de réveil. On vous y gardera 1 à 3 heures. Quand votre état sera bien stabilisé, vous pourrez regagner votre chambre.

Faire du sport ?
On peut envisager le retour ou sport au bout de 4-6 mois. C’est un peu plus court pour la prothèse uni-compartimentale. Néanmoins on favorise la marche tout de suite et normalement les escaliers sans rampe sont possibles après environ un mois. Je pense qu’il faut toujours respecter la bonne cicatrisation de la capsule et de tout le tissu péri articulaire. La cicatrisation prent à peu près un mois et si on respecte cette période, le retour à une vie normale avec votre nouveau genou, n’est vraiment plus un souci !
Combien de temps dure l’arrêt de travail ?
La réponse en effet est très liée au type de travail que vous faites. Si vous faites un travail lourd alors il faut penser au moins deux ou trois moins. Oublier la biologie de réparations des tissus mous peut-être dangereux pour les suites. Si vous n’avez pas beaucoup de sollicitations physiques et vous pouvez, rester assis alors un mois est suffisant. Le genou après une prothèse peut gonfler si vous restez trop longtemps en position assise. En général, vous pouvez marcher tout de suite, conduire votre automobile en 2-4 semaines (pas de long trajet), marcher un kilomètre vers la quatrième semaine. Il faut juste retenir qu’il y a de grandes variations individuelles et que j’ai beaucoup de mal à les prédire.

Les suites opératoires : les premières heures après l’intervention sont consacrées au repos ! Vous garderez une perfusion, cela va servir à passer différentes molécules, dont les antibiotiques et les antalgiques, et bien sûr vous devrez glacer le genou.
Le soir de l’intervention, je passe pour essayer de vous mettre assis ou debout, si la tête ne tourne pas et la rachianesthésie est termine. Le jour après vous pouvez marcher avec appui complet. Les béquilles sont là pour soulager la musculature de la cuisse. Le kinésithérapeute va vous aider et vous expliquera comment vous débrouiller avec ces « extensions » que vous n’avez peut-être jamais utilisées. En général on reste entre 1 et 5 nuits après l’intervention. Si on a vous pose une prothèse unicompartimentale en général un ou deux nuits suffisent. J’essaie dans la mesure du possible de ne jamais envoyer de patients en centre de rééducation. Néanmoins, pour vous que vous êtes seule a la maison il faudrait envisager un aide pour une semaine ou alors le centre de rééducation. Je trouve que dans la très très grande majorité des cas que cela ne sert  à rien du tout… ça peut même être nuisible car en centre de rééducation an va bien essayer de vous rééduquer et comme vous avez pu le lire, ça n’est pas forcement le bon moment… C’est souvent trop tôt !

Pendant combien de temps doit faire de la rééducation ?
Actuellement je ne donne pas trop de séances de rééducation avant un mois, car les prothèses modernes fonctionnent très bien normalement. J’ai toujours peur que nos mais les kinésithèrapeutes en fassent trop ! Hyper sollicitation et trop de travail sur le genou peuvent entrainer une réaction inflammatoire au niveau de la cicatrice. Les phénomènes inflammatoires sont aussi douloureux et c’est vraiment ce qu’il faut éviter. Toutefois il faut toujours insister sur la récupération d’une bonne extension.
Pour cela il suffit d’un peu de bonne volonté et de beaucoup de glace. La glace c’est le meilleur des anti-inflammatoires. Il ne fait pas de trous dans l’estomac et ne coute pas bien cher. Après un mois, néanmoins, la rééducation va devenir plus importante. Pourquoi ? À un mois en principe, on a récupéré une bonne flexion, une bonne extension et les phénomènes inflammatoires sont presque maitrisés. C’est l’heure du muscle… Il ne faut surtout pas mettre la charrue avant les bœufs. Vouloir à tout pris retrouver sa masse musculaire trop vite, c’est la porte ouverte au gros genou douloureux qui ne veut plus plier…

Mais alors, me direz-vous ; quand la rééducation est elle vraiment fondamentale ? La rééducation est très importante avant l’intervention !!! C’est logique et très facile à comprendre : plus je suis en bonne condition au moment de l’intervention plus j’aurais de chances de bien m’en sortir ! Une bonne récupération se prépare avant l’intervention.

Les prothèses de genou s’usent elles ?
Bien sûr ! Mais la vraie question est : après combien d’années faut il envisager un nouvel implant ? La littérature confirme que le taux de survie de prothèse du genou est 95 % à 10 ans. Donc, aussi comme pour la hanche, on peut dire que les prothèses du genou sont vraiment fiables… Si votre voiture était aussi fiable, vous n’en auriez que une ou deux dans votre vie !!! Et encore, dans la plupart des cas, ce n’est pas la prothèse qui lâche… c’est le « mariage » entre la prothèse et votre os qui se rompt. Pour un bon mariage il faut donc un bon implant, mais aussi des bons os et de bons muscles. On dit aux patients maintenant qu’il faut avoir une vie active, sportive sans exagération quand même.
Il ne faut pas oublier que le tabagisme est dangereux pour le métabolisme osseux, qu’il faut bien manger sans faire d’excès, et pour finir qu’il faut toujours faire attention aux infections de notre corps (dentaire, urinaires… ). La prothèse n’a pas de protection contre les infections et les infections sont une des premières causes de descellement et d’échec d’une prothèse.

Je suis sous aspirine cardio ou plavix, dois-je arrêter le traitement pour mon intervention?
Il n’est pas nécessaire d’arrêter l’Aspirine. Par contre, le Plavix peut provoquer des saignements et, en général, il est préférable que ce médicament soit arrêté. Chaque cas est particulier et doit être discuté avec votre chirurgien et le médecin qui l’a prescrit

Que dois-je faire si la cicatrice est devenue rouge, douloureuse ou s’il y a un écoulement?

Il est logique de suspecter une infection et il est alors nécessaire de prendre contact avec votre chirurgien au plus vite. Ce n’est pas le médecin généraliste qui doit s’occuper de ce problème : ça n’est pas son job même si c’est le meilleur médecin du monde. Le pire de serait de recevoir des antibiotiques sans avoir fait de prélèvements corrects. C’est la meilleure façon de passer les 3 prochains mois dans un centre spécialisé dans les reprises pour infection de prothèse de genou.

Dois-je m’épiler avant de venir à l’hôpital?
Non, le personnel infirmier procédera à l’épilation. Si vous effectuez vous-même votre épilation, il peut arriver qu’il y ait des lésions cutanées qui nécessiteraient alors le report de votre intervention.

Dois-je prendre des médicaments pour éviter une thrombose?

Oui, vous recevrez une ordonnance à votre sortie de l’hôpital pour un médicament de prévention des thromboses à prendre en général sous forme d’injection dans le ventre.

Dois-je effectuer des contrôles sanguins à ma sortie de l’hôpital?

Des indications spécifiques vous seront données en fonction du taux d’hémoglobine observé durant l’hospitalisation et du type d’anticoagulation que vous recevrez.