Caos

GUIDE COUPE SUR MESURE … C.A.O.S.

(Chirurgie Assistée par Ordinateur)
Le scanner, comme tout le monde le sait, est un appareil à rayon X qui permet de faire des coupes très précises d’un organe afin de pouvoir l’analyser. Une fois acquises ces coupes très précises, il est possible de faire des reconstructions tridimensionnelles (Fig. 1) et d’analyser finement les déformations de l’os par exemple.

chirurgia ginocchio

Tout le monde a vu maintenant à la télé ou bien dans son travail les logiciels qui permettent de fabriquer des avions ou des voitures sur la console de l’ordinateur.
On parle alors de CAO : Conception Assistée par Ordinateur.
L’industrie du jeu vidéo ou les films en image de synthèse utilisent le même procédé.
On va donc utiliser la CAO et le modèle 3D de votre genou obtenu avec le scanner pour faire l’intervention de manière virtuelle avant de la faire en vrai. Il suffit d’avoir l’image de la prothèse du genou que l’on veut placer dans votre genou et de la poser sur votre genou grâce à un logiciel. Génial !!

Il est ainsi très simple de savoir ce qu’il faut enlever comme os pour corriger les déformations, et on connaît ainsi également la taille de la prothèse adaptée. Et puis si on se trompe, on peut recommencer autant de fois que l’on veut.chirurgie du genou
On peut même faire des simulations de flexion ou d’extension, mais surtout pour passer du virtuel au réel (c’est à dire de l’ordinateur à la salle d’opération) on va créer des guides de coupes sur mesure avec une imprimante 3 D, pour la prothèse totale mais aussi pour la prothèse unicompartimentale ( Fig. 2 -3 ).

chirurgie genouCes guides sont beaucoup plus performants, moins encombrants et vraiment adaptés à l’anatomie du patient que l’on opère. On peut même aller encore plus loin et imprimer en 3D l’os du genou pour bien le voir et le comprendre.

C’est génial me direz vous, mais ça prend du temps, de l’argent… En fait ce que je trouve surtout merveilleux dans cette technique c’est qu’il n’est plus utile de désosser pour mettre la prothèse parfaitement.
Les anciens « guides de coupe » étaient encombrants, demandait une dissection large (il fallait bien s’exposer !) pour les placer. Grâce au guide de coupe 3D, on est plus précis, mais surtout on a plus besoin de voir autant pour être aussi bon qu’avant ( Fig. 4-5). chirurgie du genou

On va donc pouvoir faire une approche moins agressives et être beaucoup plus respectueux de ce que j’appelais les « parties molles » et que j’aimerais bien qu’on appelle les « parties nobles » du genou !
Au lieu de faire une grande cicatrice qui passe au travers des muscles et des tendons, on va pouvoir faire beaucoup plus petit sur la peau et surtout ne plus toucher aux muscles. Cette voie d’abord (la façon de rentrer dans l’articulation) existait bien sûr et était bien connue depuis longtemps. Il y a 20 ans on appelait cela la voie chirurgie du genoude Gernez, maintenant on appelle cela la voie subvastus. C’est plus technique, on voit un peu moins bien, mais pour le patient c’est vraiment une autre histoire. Les guides de coupes sur mesure peuvent très bien se placer par cette voie et ça change tout ou presque sur le plan de la récupération. On ouvre beaucoup moins, on ne touche plus aux muscles et la position et la taille de la prothèse sont plus précises. C’est presque le jackpot à tous les coups !!

Pourquoi tout le monde ne fait pas cela ? Je ne sais pas trop ? C’est vrai que ça prend du temps de faire l’intervention 2 fois (une fois en virtuel et une fois en vrai), ça coute un peu plus d’argent, car ces impressions 3D ne sont pas gratuites, mais qu’est-ce que 2 ou 300 euros de plus (Ca n‘est pas le patient qui paye de toute façon, mais la clinique). Mais si au final, c’est mieux pour nos patients, je n’hésite pas une seule seconde. Ensuite il y a des chirurgiens qui utilisent les guides de coupe sur mesure, mais qui font encore les grandes voies classiques pour bien voir. C’est dommage, car on perd à mon avis ce qui est l’innovation principale de cette technologie : le respect des parties molles (nobles) sans perte de précision.

Peu ou pas de dégâts musculaires, moins d’ouverture c’est une récupération plus rapide. On ne va pas faire des miracles sur un genou qui souffre depuis des années et des années, qui a perdu une grande partie de la masse musculaire des muscles de la cuisse, mais au moins sur ces genoux déjà bien mal en point, on ne va pas aggraver une situation déjà pas très bonne. Le kinésithérapeute va pouvoir ensuite travailler au mieux…

Comme pour la chirurgie de la hanche si on conserve l’intégralité du muscle (même un muscle mal en point et souffrant) on a toujours plus de force, en disséquant moins, on minimise les pertes de sang. C’est aussi moins de douleurs et au final une récupération plus rapide. Et comme par hasard plus de genou oublié ! Ca n’est pas encore le cas en ce qui concerne la hanche, mais il m’arrive à un mois de voir des patients qui viennent à la consultation sans béquille, marchant très bien : je leur demande :
— alors comment va cette hanche ?
— mais docteur, vous m’avez opéré du genou, pas de la hanche !

Pour moi ça tient presque du miracle tant ce genre de chose n’existait pas avant…

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