Chirurgie

LA PROTHESE DU GENOU, CA NE MARCHE PAS!

Un genou oublié, (un genou auquel on en pense même plus donc pour nous guéri) c’est 15% contre le 65% dans la chirurgie de la hanche! Malgré tout la prothèse du genou est une intervention très fréquente. Pourquoi seulement 15% des patients nous parlent de leur prothèse de genou comme d’un vrai succès. Pour moi, ça veut dire un genou que l’on oublie. Un genou comme celui que nous avions avant qu’il ne nous fasse des misères… 15% ça n’est quand même pas beaucoup!
Alors bien sûr j’ai du mal à l’accepter ce genre de résultat et surtout je me dis que l’on doit pouvoir faire vraiment mieux que cela.

On sait que le succès de une prothèse de genou est lié à plusieurs facteurs: la technique chirurgicale, le bon implant, les bons matériaux et le bon patient aussi.

Aujourd’hui c’est difficile de trouver dans une clinique de vieux implant. Les prothèses actuelles sont vraiment bien dessiné avec des matériaux vraiment biocompatible. La recherche a vraiment fait de bon boulot coté implant, mais peut on dire la même chose pour la chirurgie.

L’autre jour, j’étais en train de me promener sur internet et je tombe sur cette vidéo sur YOUTUBE plutôt pas mal faite, Cette vidéo me montre pourtant exactement ce que je ne dois pas, ce que je ne veux surtout plus faire même si c’est comme cela que l’on me l’a appris et qu’on continue a l’apprendre dans la plupart des facultés du monde. C’est bien sûr ce que font la plupart des chirurgiens.

Sur cette vidéo le chirurgien mets en avant un ces modèle 3D que j’aime tant et le compare au genou en direct. Il a fait un grand abord classique en passant dans le tendon du muscle quadriceps, la rotule est retournée de 180°, il place une prothèse totale alors qu’une demi-prothèse aurait probablement bien suffi. Comment cette chirurgie peut-elle donner un genou oublié? Alors bien sûr le chirurgien voit bien, il est très à l’aise et il peut mettre la prothèse très rapidement. (surtout si c’est son assistant qui ferme)
Réfléchissons un peu et essayons de sortir des sentiers battus. Tout le monde un jour ou l’autre a reçu un coup sur la rotule et tout le monde sait combien ça fait mal et combien de temps ça peut prendre pour que ce petit « bobo » disparaisse complètement… Alors imaginez que votre chirurgien pour pouvoir être à l’aise en opérant, coupe une grande partie du tendon du quadriceps, luxe la rotule et la tourne de 180°. Ensuite pour pouvoir placer l’implant tibia il va aussi déboîter le tibia afin que le fémur ne vienne pas gêné. caring doctor comforting hospitalized patientSi on y refléchit, il y a de quoi frémir en fait, mais c’est que nous apprenons tous les jours à faire durant notre formation.
Mais les choses évoluent et s’il y a 20 ans on pouvait faire cela pour être à l’aise, aujourd’hui je crois qu’on n’a plus le droit de violenter un genou de la sorte. C’est au chirurgien de se casser les pieds et d’essayer trouver la façon la moins traumatisante possible de faire cela. Avec les guides de coupes 3D (comme sur la vidéo, mais utilisé à bon escient) et en rusant, on n’a plus besoin de couper le tendon quadricipital, on n’a plus besoin de luxer la rotule, de déboiter le tibia. On est moins agressif, les suites sont plus simples, le genou est moins inflammatoire et le propriétaire du genou est bien plus vite autonome!
15%! On peut vraiment faire bien mieux…

 

Vous l’avez compris, notre façon de pénétrer à l’intérieur du genou est la voie d’abord sub vastus et si les caractéristiques du patient le permet, sub vastus par mini incision.
L’objectif plus important dans la chirurgie du genou est respecter le quadriceps. La voie d’abord « sub vastus » ne touche pas à la partie interne du quadriceps et elle est donc très respectueuse du tout l’appareil extenseur du genou. Nous allons même un peu plus loin, en évitant de déboiter la rotule et le tibia ce que pourtant la pluparts des chirurgiens font encore.
Les autres voies d’abord possibles : la plus communément pratiquée, la voie parapatellaire (on coupe le tendon du muscle quadriceps) et la « mid vastus » (on passe au travers du muscle). Cette chirurgie pour nous, c’est du passé…

Comme pour l’hanche, si on garde le muscle on a plus de force, moins de perte du sang, moins douleur et au final un récupération plus rapide.

(Thiepont E: faster quadriceps recovery with the far medial sub vastus approach in minimally ivasive total knee arthroplasty. Knee Surg Sports Traumatol Arthrosc 2013 oct:21(10):2370-4.)